Le Vademecum interculturel

Vous êtes ici

Présentation du projet

[[asset:image:128 {"mode":"full","align":"","field_asset_image_copyright":[]}]]Dans L’Europe et l’Islam : quinze siècles d’histoire (Laurens, Tolan, Veinstein, 2009), l’historien John Tolan explique que Christophe Colomb avait veillé à prendre dans son équipage un arabophone, car c’était la langue que devaient certainement parler les «Indiens» —puisqu’on parlait arabe à l’époque jusqu’en Chine. C’est dire si l’arabe était considéré comme la grande langue internationale de commerce, de culture et de science à la fin du 15e siècle. L’arabe avait acquis ce statut au sein des élites européennes dès le 12e siècle et le gardera jusqu’au début du 18e siècle. Dans un texte qu’on pourra lire dans le présent Vademecum, l’historien des sciences George Saliba montre ainsi que les astronomes européens des 16e et 17e siècles lisaient les manuscrits arabes directement dans le texte et n’hésitaient pas à les annoter directement en arabe ou encore à corriger des erreurs dans le texte arabe. La contribution de la civilisation arabo-musulmane au renouveau de la culture européenne dès le 11e siècle n’est pas donc juste une question de textes grecs traduits en arabe puis retraduits en latin ; c’est plutôt une affaire de transmission de  matrice culturelle d’un bord à l’autre de la Méditerranée , comprenant non seulement des savoirs,  mais aussi une langue et plus largement une disposition intellectuelle de très grande ampleur. (Yves Winkin)


​In Europe and Islam : fifteen centuries of history (Laurens, Tolan, Veinstein, 2009), the historian John Tolan explains that Christopher Columbus had ensured to take with his crew an Arabic-speaking person, because it was the language that “Indians” should certainly speak – since at the time, Arabic was used to be spoken as far as China. This means Arabic was considered to be the major international language for commerce, culture and science. Arabic had acquired this status within the European elites since the 12th century and would continue to hold it until the beginning of the 18th century. In a text that we can find in the present Vademecum, the historian of sciences Geroge Saliba, also indicates that European astronomers since the 16th and 17th century used to read Arabic manuscripts directly from the text and didn’t hesitate to annotate them directly in Arabic or even to correct the mistakes of the original text. The contribution of the Arab-Muslim civilization to the renewal of the European culture since the 11th century is, therefore, not only a question of translation of Greek texts in Arabic and then translated again in Latin; it’s more of a transmission of cultural models from one edge of the Mediterranean to the other, which doesn’t only include knowledge but also a language, and in a larger sense an intellectual disposition of a very large extent (Yves Winkin).

News